Comment j’en suis venue à passer de responsable marketing à coach

Lors d’une séance de coaching, la personne qui se fait accompagner échange et partage beaucoup avec son coach.

Aujourd’hui, je passe de l’autre côté et vous propose de partager un peu de moi pour comprendre comment je suis passée de responsable marketing à coach.

A la fin de mes études, je cherche désespérément mon 1er emploi. Pourtant, sortie d’école de commerce, il paraît que je vais trouver vite un poste bien payé… mais non.

Quand au bout de 9 mois, on m’appelle pour me proposer un poste parce qu’on a trouvé mon CV sur un site spécialisé, je suis aux anges et saute sur l’occasion. Ce n’est pas un poste vers lequel je serais allée spontanément mais au moins, je travaille.

Finalement, pendant 3 ans, j’évolue, j’apprends beaucoup, je change de poste régulièrement, deviens même manager et baby #1 arrive.

A mon retour de congé maternité, rien ne va plus. Je pense que c’est dû au chamboulement de la maternité, me dis que je dois tenir et que ça va passer. Au bout de 9 mois, je suis “chassée” pour un autre poste et sans me poser de questions, j’accepte l’opportunité en me disant que j’ai besoin de changement et que c’est ce qu’il me faut.

Toujours dans le marketing, c’est parti pour une nouvelle aventure. Finalement, c’est toujours pas le poste de mes rêves mais en 7 ans, j’enchaîne avec baby #2 puis baby #3 et, dans la foulée, le confinement.

Pendant ce 1er confinement, et encore plus à sa sortie, je suis de nouveau confrontée à une perte de sens. Je ne suis plus alignée avec ce que je fais ni avec mon environnement… J’ai besoin de changement. Sur un coup de tête, je postule à une offre et ça matche direct. Un mois plus tard, je pars pour de nouveaux défis, une nouvelle équipe, cette fois, c’est sûr, c’est la bonne.

Mais au bout de quelques mois, de nouveau cette question “qu’est-ce que je fais là ?”… Je me dis que changer pour changer ne règlera pas le problème, que ma perte de sens doit être plus profonde. Mais “ce n’est pas le moment” de se poser cette question. Dans ma tête, j’ai plusieurs barrières : 

  • Ca ne fait “que” 2 ans que je suis dans mon entreprise et logiquement, je devrais laisser la priorité à mon mari si lui aussi voulait changer.
  • On est en plein projet personnel et familial, le moment serait mal choisi.
  • Je ne vais pas tout plaquer alors que j’ai une bonne situation, un bon salaire, plein de congés pour faire je ne sais quoi.
  • Je ferais quoi ? J’ai toujours été dans ce domaine-là, je ne sais rien faire d’autre…
  • Que va dire ma famille quand je vais leur dire que je quitte un CDI pour… rien ?

Dans ma tête, j’ai pourtant une petite voix qui me dit que si je ne fais rien vite, je vais droit dans le mur et le burn-out. Et je prends conscience que si j’en arrive là, tout va exploser dans mon entourage et ma famille. 

Je m’inscris alors à un bilan de compétences et dès les premiers jours, je bute sur une question que je ne me suis jamais posée : “qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?”. Ce constat est un choc pour moi. Plus de 15 ans à travailler et je ne me suis jamais posée la question, j’ai juste saisi les opportunités qui se présentaient ou fonctionné au coup de tête.

Réfléchir à cette question est finalement une révélation et la réponse commence par ces mots : “Je souhaite accompagner les personnes, les aider…”.

A partir de là, la machine est lancée et impossible de m’arrêter. J’en parle avec mon mari, il m’encourage et me dit de foncer. On sait que ça remet plein de choses en questions, que ça ne va pas être facile mais que c’est une nécessité.

Je me donne 6 semaines pour en parler à mon employeur mais en 15 jours, tout est acté. On organise mon départ et pendant cette période, je ne fais rien d’autre que profiter, je verrai la suite et ce que je décide plus tard, chaque chose en son temps et un pas à la fois, comme je l’ai récemment compris.

A la rentrée, mon job terminé, les enfants repartis à l’école, je me pose sur la suite et prends du temps pour moi en repartant de mes fameux mots. J’étoffe ma description de job idéal, ce que j’écris me booste, me redonne la pêche et me motive à avancer : j’ai enfin trouvé le sens que je veux donner à ma vie, la mission que je veux porter et je comprends que ce métier existe : le coaching.

Mais est-ce que j’en ai les compétences ? Les planètes devaient être alignées, je tombe sur beaucoup d’écrits passés de mes collègues, amis, proches qui parlent de mon empathie, ma bienveillance, mon écoute, mon sens de l’humain. Je comprends que les “soft skills” comme on dit, je les ai. Une formation devrait me permettre de compléter la partie métier.

Alors je me lance un nouveau challenge à relever car je veux me donner toutes les chances pour y arriver (et autant que mon CPF serve à quelque chose plutôt que de dormir bien au chaud) : à presque 40 ans, je repars en formation.

Je ne me suis jamais autant régalé pendant ces 8 mois de formation. J’ai fait quelque chose qui me plaisait, pour lequel j’étais faite et je me suis (enfin) écoutée.

Quand je regarde mon parcours, je ne regrette rien et je suis fière de tout le chemin parcouru. Toutes ces étapes m’ont permis de comprendre ce que je veux aujourd’hui : aider les personnes qui, à un moment de leur vie, font face à une perte de sens, ne savent plus ce qu’elles veulent, ont peur de passer à côté de leur vie et de la subir plutôt que de la vivre, n’ont plus confiance en leurs capacités, n’ont pas conscience de leur potentiel.

Car moi aussi je suis passée par là, et c’est ok. Il faut juste, à un moment, oser s’écouter et avoir envie que ça change.